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Dr Bertrand Pusel

Dr Bertrand Pusel

Dermatologue

Saint Paul de Vence

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Rides, vieillissement cutané et relissage laser Article au format PDF

Rides, vieillissement cutané et relissage laser

Le vieillissement cutané résulte du vieillissement dit intrinsèque, correspondant à notre horloge biologique et influencé notamment par l’héritage génétique de chacun, et du vieillissement extrinsèque, déterminée par les habitudes de vie. Le rôle négatif de l’exposition répétée au soleil, sans protection, ou des abus de l’utilisation des cabines UV esthétiques n’est plus à démontrer comme accélérateur du vieillissement cutané tout comme l’intoxication tabagique.

Au point de vue clinique, le vieillissement cutané se traduit par l’apparition de modifications épidermiques ou de surface avec des rougeurs, des taches brunes ou lentigos, un aspect du teint terne , voir jaunâtre ou citrin…. Ce sont également des ridules et des rides pouvant être plus ou moins marquées, comme au niveau de la lèvre supérieure où on décrit un aspect en « code à barre ».

Des lasers pour estomper les rides et ridules et redonner une peau plus ferme et un éclat du teint

Grâce aux lasers, on peut lutter contre le vieillissement cutané pour estomper les rides et redonner une peau ferme et un éclat du teint, c’est la technique du relissage laser des rides. Il consiste en une abrasion ou vaporisation des couches superficielles de la peau, associé à un effet thermique ou « chauffage » du derme afin de créer un renouvellement des structures de soutien de la peau, et en particulier du collagène, d’où le terme de néocollagénèse.

Deux techniques s’opposent : le relissage conventionnel où l’ensemble de la peau est traité en une seule séance, et le relissage fractionné, utilisant des lasers qui laissent des intervalles de peau saine, permettant une cicatrisation rapide, mais qui nécessitent en général 2 à 4 séances.

Le relissage conventionnel ou resurfacing laser reste encore aujourd’hui le traitement de référence avec des résultats inégalés. Cependant, il est tombé en désuétude en raison de la lourdeur de la procédure, devenue souvent incompatible avec le monde moderne. La nécessité de procédures d’anesthésie indispensables en raison de la douleur engendrée au cours de l’acte, oblige au recours à l’anesthésie générale en cas de traitement de l’ensemble du visage par exemple. Les suites opératoires sont également longues avec un temps de cicatrisation durant un minimum de 2 semaines, puis un érythème ou rougeur persistante de 2 à 3 mois, associé à une période d’éviction solaire de 6 mois environ.

Le relissage fractionné a été introduit depuis 2004 dans le but de réduire la période d’éviction socio-professionnelle et de limiter le risque des complications postopératoires que l’on observait avec les lasers d’abrasion cutanée. Les lasers fractionnés créent des micros puits dans la peau ou micro zones thermiques (MTZ), laissant autour des intervalles de peau saine. Cette spécificité permet d’obtenir dans la majorité des cas une cicatrisation complète rapide en quelques jours à une semaine en général. La deuxième originalité des lasers fractionnés est la possibilité de traiter des zones extra-faciales comme le cou, le décolleté ou le dos des mains contrairement au relissage conventionnel.

Il existe 2 catégories de lasers fractionnés selon le mode de délivrance de l’énergie. Les premiers à avoir été développés sont les lasers fractionnés Non Ablatifs qui laissent en place la couche cornée de l’épiderme et agissent essentiellement par un effet thermique au niveau du derme selon un principe de photocoagulation alors que la deuxième génération est représentée par les lasers fractionnés Ablatifs qui associent une vaporisation et un chauffage du derme.

Pour le déroulement des soins avec les lasers fractionnés, une consultation avec son médecin au préalable est indispensable pour définir les objectifs du traitement et la longueur des suites opératoires, et dans l’objectif d’une information éclairée du patient.
Le recours à une crème anesthésiante est en général suffisante et un refroidissement par air pulsé pendant la séance permet d’effectuer les soins dans des conditions de douleur minimes à acceptables.La multiplicité des appareils rend difficile la comparaison entre les différents lasers mais l’agressivité du traitement dépend essentiellement des paramètres de la profondeur et de la densité utilisés selon l’effet thérapeutique recherché.
En post-opératoire immédiat, survient une sensation de brûlure, qui sera atténuée par des pulvérisations d’eau thermale fraiche, associées à un topique émollient neutre, ou à visée apaisante sur toutes les zones traitées. Une protection solaire systématique est préconisée.

Les suites
« attendues » se résument à une rougeur accompagnée d’œdème ou de gonflement limitée pendant 48 H à la possibilité de l’apparition de suintement et croutelles pendant une semaine environ pour les traitements les plus agressifs.
Pour les 2 techniques, il existe la possibilité d’érythème persistant et de troubles pigmentaires transitoires à type d’hyperpigmentation post inflammatoire, d’autant plus que la peau du patient est foncée.

Dans le cadre des lasers fractionnés ablatifs, le risque de complication existe, justifiant un suivi du patient systématique dans la semaine suivant la séance.
Il a été décrit un risque de surinfection, notamment en cas de maquillage trop précoce, soit de type bactérienne, soit de type herpes, d’où le recours à une prévention par un traitement débuté la veille de l’intervention. Enfin, la possibilité de cicatrices définitives a été rapportée en zone fragile comme le cou.

Au point de vue des résultats avec les lasers fractionnés au niveau du visage, une tendance semble maintenant acquise avec l’obtention des meilleurs résultats sur des peaux fines, et en particulier en zone péri-orbitaire et, à contrario des résultats un peu décevants pour les peaux épaisses et/ou fortement ridées comme au niveau de la lèvre supérieure, et avec une supériorité des lasers fractionnés Ablatifs par rapport aux Non Ablatifs.

Le résultat est aussi le subtil choix de 2 objectifs diamétralement opposés : une efficacité maximale ou des suites opératoires minimales.
Pour une efficacité maximale, ce sont les lasers fractionnés Ablatifs qui seront utilisés, pouvant même être associé à un relissage conventionnel partiel pour des zones limitées comme pour la lèvre supérieure. Dans une option de temps d’éviction socio-professionnelle réduite au maximum, on choisira les lasers fractionnés Non Ablatifs.

En conclusion : Il existe actuellement sur le marché une multitude d’appareils fractionnés ablatifs et non ablatifs, avec des caractéristiques techniques particulières cherchant tous à procurer un maximum de sécurité et d’efficacité aux médecins et à leurs patients.
Il faut bien définir pour chaque patient un plan de traitement personnalisé: fonction du résultat souhaité, de l’éviction sociale possible et du budget.
La technique laser sera utilisée en association ( on parle de technique combinée) de la correction des rides d’expression ou de l’affaissement de sillons naturels, qui sont l’apanage, respectivement des techniques d’injection de la toxine botulinique et des produits de comblement, pour une optimisation du traitement du vieillissement cutané.

Docteur Bertrand Pusel Dermatologue Saint Paul de Vence

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